Carnet de voyage #24 - les chemins retrouvés

Nous trépignions d'impatience, nous les avons retrouvés ! Les chemins ont de nouveau accueilli nos petits pas, le dimanche 16 mars. Le long des sentiers du Gersois, un tourbillon de rencontres nous plonge chaque soir dans une intimité différente.

 

A tâtons...

Dans ma tête, je n'ai jamais arrêté de marcher. Chausser à nouveau mes godillots de marche et troquer mes cannes contre des bâtons devenait une impérieuse nécessité. Mais dès les premiers mètres, ma marche est approximative, tâtonnante.

 

Je ne sais pas si c'est le souvenir de la douleur, un mal encore persistant ou bien tout simplement un mauvais pli dont je n'arrive pas encore à me défaire, toujours est-il que j'ai la démarche d'une éclopée.

 

Attentive au moindre petits maux, j'ai la drôle d'impression que mon pied est en connexion permanente avec ma tête. Cette focalisation freine sensiblement le vagabondage de la pensée, pourtant si plaisant lorsqu'on marche.

 

Pour ne pas trop solliciter mon pied (et mes bras car marcher avec des bâtons c'est du sport!), nous avons adapté nos étapes : pas plus de 15 ou 20 km par jour.

 

Qu'il est difficile de ne pas pouvoir dévaler les vallons à son rythme et de devoir composer avec sa patte folle...

 

 

Un tourbillon de visages

A chaque étape, nous sommes attendus pour la soirée. Un bon repas , une soirée au coin du feu et nous voilà propulsés dans un univers toujours différent où nous apprenons sur l'histoire des lieux, de la région, mais aussi de la famille qui nous accueille. Comme un moment d'amitié acceléré où chacun se livre, pour finalement se séparer le lendemain, en emportant avec soi les confessions de la veille.

 

Ces derniers jours, c'est aussi la journée que nous avons fait de belles rencontres.

 

Le jour de reprise à Toulouse, un groupe de Scouts de France est venu marcher avec nous. Ce n'était sans doute pas la meilleure journée pour nous accompagner ... Julia marchait à une allure d'escargot, nous avions programmé seulement 10 km et, qui plus est, nous déambulions dans les faubourgs de la métropole à respirer les pots d'échappements ! Espérons qu'ils n'étaient pas venu chercher l'aventure …:)

 

C'est en discutant avec Florent, le chef de troupe, que nous avons découvert « l'esprit scout ». Cet echange a permis de faire tomber certains clichés que nous pouvions avoir. Nous avons par exemple découvert que le scoutisme se décompose en plusieurs branches, plus ou moins strictes, ou encore qu'existait des scouts musulmans ou des scouts juifs !

 

 

Plus loin, à Pompiac, nous sommes à nouveau frottés aux questions, parfois surprenantes, des élèves de l'école élémentaire : « Mangez vous équilibré ? », « Quelles odeurs vous ont marqué ? » ou encore « Êtes-vous amoureux », « Allez-vous vous marier » ?

 

Voilà qui nous change de la valse de questions traditionnelles, sur le nombre de paires de chaussures et les kilomètres parcourus, auxquelles nous répondons désormais de manière automatique ! Ces moments d'échanges avec les enfants sont autant vivifiants qu'érrintants.

 

Pas facile de jongler avec toutes ces questions, de passer d'un visage à l'autre en si peu de temps. Nous emportons leurs rires et leurs sourires dans nos sacs, sait-on jamais cela peut servir si le moral venait à faiblir !

 

 


Ça gadouille !

Du Gers, nous connaissions surtout ses foies gras. Nous découvrons une campagne très vallonnée, des fermes dispersées, et une identité locale forte.

 

Nous renouons ici avec la nature, des hectares de champs de blé et de maïs juste plantés, rien que pour nous ! Si les fermes sont assez éloignées les unes des autres, les liens entre les locaux sont assez forts, via notamment différentes associations d'entraides (les amap par exemple). La solidarité répond en quelque sorte à la solitude qui est aussi malheureusement une réalité en milieu rural.

 

Le GR nous fait emprunter des chemins qui coupent à travers champs. Enfin, il s'agit plutôt de tranchées creusées par le passage des tracteurs qui a irrémédiablement déformé le sentier.

 

Ajoutons à cela un sol imbibé d'eau et nous voilà les quatre pieds dans la gadoue ! Tout cela n'est pas bien adapté pour les handicapés, qui clopin clopant traversent l'Europe à pied …:)

 

 

 


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Commentaires : 10
  • #1

    Guitou (vendredi, 28 mars 2014 16:48)

    Helllooo vous deux !! Ou en êtes vous, quelquechose me dit que vous approchez de mes terres sacrées ... Tenez moi au courant si vous avez besoin de plans ;-) La bise !

  • #2

    claire (vendredi, 28 mars 2014 16:49)

    Contente de lire les impressions et émotions de votre redémarrage. Un nouveau rythme, certes, mais la reprise de la route et du voyage est bel et bien là ! Le temps de s'adapter à cette cadence contenue, toute prudente et raisonnable, et vous serez déjà repartis sur vos 30 km/jour. Alors profitez du printemps qui revient et du chemin, avec le temps et les heures lentes et pleines de la marche, comme vous savez bien le faire. Et bien sur du courage à tous les deux pour les moments où forcement les douleurs et qq doutes nous touchent, c'est une épreuve dans l'épreuve, mais je suis certaine que dans quelques temps, tout aura repris son cours normal ! de grosses bises!!

  • #3

    Ami Gilbert d'Ahuy (samedi, 29 mars 2014 09:09)

    Bonjour vous deux!
    En ce qui concerne le pied de Julia, j'ai malheureusement connu cela en Mai 2001, situation qu'elle décrit si bien, et vous avez raison de réduire les étapes, moins de 20 bornes par jour, c'est bien suffisant, même, si cela augmente un peu la durée de votre voyage, c'est beaucoup plus sage. Le Gers, le bonheur est dans le pré, c'est possible, mais je n'ai pas trop aimé les petites montagnes russes, ces côtes qui n'en finissent pas...et ces descentes trop rapides! N'est-ce-pas un des points les plus forts lors de ces grands voyages à pied, les belles rencontres humaines qui resteront gravées dans les mémoires... Bon courage à vous deux, Gilbert.

  • #4

    cecile (samedi, 29 mars 2014 13:36)

    heureuse de vous voir repartiet ravie de vous entendre a nouveau , bonne route

  • #5

    Marie Claude Dubois (samedi, 29 mars 2014 21:33)

    Contente de vous savoir à nouveau sur les chemins. Allez y doucement et prenez soin de vous. Vous arriverez toujours à destination. God bless you.

  • #6

    Laurent à Anoye (dimanche, 30 mars 2014 10:34)

    Bonjour Julia et Mathieu ! Je viens de découvrir votre site et prends du plaisir à parcourir photos et textes. Peut être à une prochaine et qui sait sur les chemins.

  • #7

    Noémie et Cie ! (dimanche, 30 mars 2014 18:52)

    Je contente pour vous ! Même avec un pied fragile, vous avancez, et l'aventure continue !
    J'espère que la grisaille de ces derniers temps sera pleinement balayée par le vent d'autan qui nous souffle dessus depuis 3 jours ! Je vous souhaite encore bien du bon temps... Prenez soin de vous !
    Potons
    Noémie

  • #8

    Maryse (dimanche, 30 mars 2014 19:25)

    Les élèves de 5e du collège de Marciac ont rédigé des "Je me souviens" après le passage de Julia et Mathieu. Un concentré du voyage en 10 points! je me souviens....

    " qu'ils sont très sympathiques
    qu'ils ont dormi à l'internat du collège
    qu'ils se sont perdus dans les montagnes
    que Julia a mal au pied
    qu'ils ont usé une paire de chaussure, et des bonnes !
    qu'à la fin, ils nous ont signé des autographes
    que dans leur sac tout est plus petit, même la cuisine, une super mini cuisine !
    qu'ils ont parcouru un peu moins de 5000km à pieds
    que Julia ralait dans la neige en montagne avec ses raquettes
    des épiceries où il n'y avait presque rien, mais du concentré de tomates
    de Venise où les bus sont des bâteaux
    du monsieur russe qui voulait à tout prix les montrer à sa femme
    que Julia a des gris gris à son sac
    qu'ils ont un chat resté dans leur maison
    que le sac de Mathieu pèse 16kg et celui de Julia 7 parce qu'elle a mal au pied
    qu'ils n'ont en moyenne que 30e par jour pour eux deux
    qu'ils font du couchsurfing ou qu'ils vont dans les églises, une fois chez un instituteur
    qu'ils ont économisé pendant 6ans avant de partir
    qu'ils n'ont que deux tenues
    qu'ils ont fait une lessive à l'internat
    qu'ils ont assisté à une répétition d'un combo de jazz de 4e
    qu'un monsieur a bien ri quand il a vu leur trajet
    que j'ai pensé faire comme eux un jour"
    Que l'aventure soit toujours belle et d'un bon pied ! On vous suit......

  • #9

    lé élèves de l'école de Pompiac (mercredi, 02 avril 2014 11:03)

    Bonjour Julia et Mathieu
    Merci beaucoup pour votre venue dans notre classe. Cela nous a donné encore plus envie de faire comme vous. Nous lisons votre blog à l'école et avec nos parents. Nous aimerions vous revoir
    On espère que le pied de Julia va mieux. Il faut tenir, courage! Allez Julia et Mathieu!
    Espérons que Mathieu n'ait pas cassé d'autres parapluies avec le vent d'autan qui souffle en ce moment dans le Gers. Avez-vous quitté le Gers?
    On vous fait de grosses bises.
    Bonne marche. Vive l'Europe des Petits Pas!
    les élèves de l'école de Pompiac

  • #10

    europedespetitspas (jeudi, 03 avril 2014 16:50)

    @ aux élèves de pompiac!

    Merci pour votre gentil message! Nous avons quitté le Gers et, après la traversée du Béarn, nous venons d'entrer aux Pays Basque. Le pied de Julia demeure douloureux, mais il semble que la tendance soit à l'amélioration.... On croise les doigts!

    Nous n'avons pas cassé de nouveaux parapluies! Le parapluie rouge de Julia, bien qu'un peu amoché, tient toujours bon! Arrivera-t-elle à l'amener entier jusqu'à Lisbonne ? ! Suspens !

    Nous vous embrassons.
    Mathieu et Julia

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