Carnet de voyage # 21 - Marchons sous la pluie!

 

"La pluie du matin n'arrête pas le pèlerin" dit le dicton. Enfin... sous les pluies glacées du mois de janvier, c'est une autre affaire!!

 

Marcheur mouillu, marcheur foutu

Il n'y a rien de pire que de se préparer à partir marcher un jour de pluie. Ce matin de janvier, à saint Guilhem-le-désert, à peine levés, nous jetons un œil inquiet à la fenêtre: la promesse d'une journée maussade est inscrite jusqu'au confins de l'horizon. Tout, jusqu'aux maisons de pierres, semble se liquéfier dans la brume grisâtre.

 

Soigneusement encapuchonnés, nous passons les premières heures de marche les yeux rivés en l'air, à guetter dans le ciel de charbon la moindre nuance gris clair. Derrière chaque mouvement de cumulus, nous espérons une éclaircie, une accalmie au moins.

 

Au bout de deux heures, trempé jusqu'à l'os, je n'attends plus rien. L'eau infiltrée par tous les replis a fait de mes habits une combinaison moite, collante et glacée. Je traine lourdement mes chaussures qui font "fioc -fioc".

 

C'est la déroute, plus la peine de regarder le ciel, je n'implore plus, je maudis tout: le ciel, les météorologues et surtout ce vendeur qui nous a vanté cette veste en gore tex, "vraiment imperméable". Je maudis tout, jusqu'à l'optimisme béat qui nous a fait dire le matin même : "ah, ça va bien s'arranger..."

 

Si vous souhaitez un jour apprendre le détachement des choses du corps, inutile de lire les volumineux manuels de philosophie bouddhiste! Marcher une journée sous une averse glacée vous en apprendra bien plus qu'autre chose à élever votre esprit au dessus des contingences de votre enveloppe charnelle.

 

 


Un jour de temps pourri dans les Pyrénées après avoir déjà avalé 1500 m de dénivelé, alors que je réalisai qu'une erreur d'itinéraire rallongerait notre étape d'une bonnes heure, mon ami David, transi et exsangue, avait brillamment résumé toute cette philosophie du détachement par cet aphorisme aux sonorités très céliniennes: "Moi, j'en ai plus RIEN à foutre de RIEN!".

 

A ce stade des choses, plus rien ne compte en effet, que cette idée fixe, obsessionnelle : avancer pour se mettre au sec.

 

Marcher sous la pluie, c'est faire l'apprentissage de la volonté, parce que trempé jusqu'au os et perdu au milieu de nulle part, vous ne pouvez guère compter sur autre chose pour vous sortir de là! Mais parce que les initiations philosophiques, c'est bien aussi quand ça s'arrête, voici aussi nos petits trucs pour rester au sec.

 

 

Comment se protéger efficacement contre la pluie.

 

Il y a mille et une stratégies pour se protéger de la pluie. Petite revue des troupes.

 

La version rustique: le poncho ou la pèlerine. Vous les avez sûrement déjà vu passer, ces randonneurs, affublés d'une cape couvrant intégralement le marcheur et le sac, et qui leur donne un air de bête étrange, mi-dromadaire, mi-préservatif. Le poncho est un peu "old school", pas très "technique". Par conséquent les randonneurs, les vrais, s'en moquent souvent un peu. Si son efficacité a tendance à s'émousser avec le temps et sous les fortes intempéries, il présente pourtant 2 avantages majeurs: il n'est pas cher et il est multifonctionnel (il vous servira de nappe de pic-nic, de footprint de tente ou bien encore d'abri de fortune)

 

 

Le combo high-tech - surpantalon veste gore tex. C'est l'option des montagnards bien organisés, un équipement supposé être à la fois respirant et imperméable. Bon, ça c'est pour la théorie, car ces petites bêtes sont à la fois onéreuses et assez fragiles. Et après 8 mois de marche, les frottements ont transformé notre veste en véritable passoire!

 

L'arme suprême: le parapluie. Et oui, après 30 ans de développement technologique des marques de rando, il est toujours là! Pour Julia, il n'était pas question de se séparer de son parapluie rouge et je me moquais gentiment d'elle. Mais lorsque nous avons affronté les premières grosses intempéries, j'ai bien dû me rendre à l'évidence: elle était restée fraiche et pimpante quand j'étais liquéfié.... Lorsque nous avons découvert que même des guides de montagne s'en servaient, nos derniers doutes se sont dissipés. Son seul point faible: le parapluie n'aime pas le vent et encore moins l'orage....

 

Alors depuis pour nous les jours de grosses intempéries, nous adoptons la stratégie "ceinture et bretelles" : nous cumulons les 3 protections présentées ci-dessus. Au niveau élégance c'est un peu douteux, mais pour l'efficacité, c'est redoutable!

 

Et vous, avez- vous des petits trucs pour rester au sec?

 

 


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Commentaires : 3
  • #1

    Ami Gilbert d'Ahuy (mardi, 11 février 2014 19:03)

    Effectivement! La pluie du matin n'arrête pas le pèlerin...
    Mais le plus terrible ce sont les chemins détrempés et boueux!
    Quelle horreur quand ça reste collé à la semelle...
    Bon courage et vivement le ciel bleu et le soleil.
    Gilbert

  • #2

    Elise (mardi, 11 février 2014 19:39)

    eh bien la stratégie "ceintures et bretelles" va comme un gant à la troupe "des petits pas" :-)

  • #3

    Dumeige (mardi, 11 mars 2014 22:17)

    Bonjour je suis la directrice éditoriale des éditions Arthaud votre projet est interessant et je serai ravie d échanger avec vous
    Cordialement

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