Carnet de voyage #20 - Douce France

Qu'il est doux d'être un voyageur en son propre pays! C'est une expérience fantastique où l'on apprend à porter un regard neuf et émerveillé sur ce que l'habitude affadit. Nos yeux caressent les paysages de Provence avec un air de douce familiarité. Les gens, le son des églises, les odeurs, tout autour de nous semble parler une langue natale.

La France, de proches en proches...

Nous l'avons déjà écrit, nous redoutions un peu notre traversée de l'hexagone. D'abord, il faut bien le dire, nous n'avions pas entendu que des choses très positives à l'étranger sur le sens de l'accueil des Français. Ensuite, nous craignions un peu que l'on ne comprenne pas très bien notre démarche, voire qu'on en doute un peu... Voyez-vous, "nous sommes des Français, partis d'Estonie à pied, mais nous sommes à nouveau en France, enfin c'est juste temporaire, car nous allons au Portugal"! Il y a plus simple à expliquer...

 

Finalement, nous allons de surprises en surprises. Bien aidés par les réseaux sociaux et notre appel relayé ici même et sur facebook, vous avez été très nombreux à nous proposer de nous accueillir. Pour les rares soirs où nous étions sans logis, nos hôtes des jours précédents nous trouvés des amis à eux, prêts à héberger de parfaits inconnus.

 

Comme quoi vous apportez la preuve que le réseau des amis, qui ont des amis, lesquels ont aussi des amis... et bien, ça marche!

Nous avons dégusté de délicieuses pâtes aux truffes, écouté les chants occitans de Renat et passé une série de superbes soirées autour d'un bon repas. Bref, si vous en doutiez encore, la France est un pays dans lequel il fait bon vivre.

 

 

Le bruit et l'odeur

Des voyages, on retient avant tout des images, car elles sont plus faciles à transmettre et à partager. Pourtant, le voyage passe aussi par les sons et les odeurs, qui occupent à certains instants une place au moins aussi importante dans le ressenti, puis dans le souvenir.

 

Ce que nous gardons de ces belles journées d'hiver passées dans les Alpilles au milieu des plantations d'oliviers, c'est avant tout les effluves d'un pied de thym ou de romarin surgissant au détour d'un chemin.

Il y a également un bruit, ce petit crissement si singulier de la draille sous les semelles. Fini les chemins terreux et les mottes de glaise qui se collaient à nos semelles les jours de pluie.

 

Traverser la Provence en marchant, c'est aussi s'habituer à l'odeur enfumée des bistrots de village, où vingt ans de lois Evin et consorts n'ont dissuadé personne de s'en griller une au comptoir. C'est s'amuser du vacarme chantant provoqué par une chamaillerie autour d'une partie de belotte (contrée) ou par les fréquentes parties de pétanques organisées au dehors.

 

L’accent qui chante, il est bien là et non uniquement dans cet imaginaire collectif qui en fait un accessoire des vacances au soleil. Nous gardons encore le sourire en repensant à cet échange entre deux habitués du troquet du village, les entendre pester contre la galette à la frangipane, venue coloniser les boulangeries, alors que "le royaume c'est bien meilleur" ...!

 

Il règne en effet ici un esprit fraternel et un peu mutin. En Provence, presque toutes les Eglises ont été ornées de la devise "République Française, Liberté, Egalité, Fraternité".

 

 


Arles, sur les traces des Jacquets

 

Arrivés à Arles, nous avons décidé d'emprunter les chemins de Saint Jacques de Compostelle. Avec le Puy en Velay, c'est en effet un des points de départ majeur du célèbre pèlerinage (GR 653).

 

Les chemins de Sant-Jacques sont à la mode. La faute à l'accélération du monde, qui a rendu la lenteur presque luxueuse. Avec le nombre de personnes qui nous ont parlé ces derniers mois du livre "immortelle randonnée" de Jean Christophe Rufin, nous sommes prêts à parier que cette voie millénaire sera, l'été prochain, presqu'aussi fréquentée que l'autoroute A9.

 

Jusque là, nous devrions être tranquille, au cœur de l'hiver, randonneurs et pèlerins se font rares sur les sentiers. Le prêtre qui nous a délivré la Créanciale, "passeport" des pèlerins, semblait surpris de croiser des jacquets en cette saison.

Pour nous, retrouver un sentier de grande randonnée, c'est une petite bénédiction. Pour Mathieu qui passait le plus clair de son temps à définir les itinéraires, identifier les voies sans issues, les rivières, les voies privées...Et pour Julia qui pourra désormais lever la tête et suivre les balises, comme une grande...

 

Après une étape à Nîmes, dans la famille de Julia, nous arrivons à Montpellier le 24 janvier à 17 h (plus d'information ICI), en espérant vous y voir naturellement...

 

 


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Commentaires : 6
  • #1

    Nathalie (Bordeaux) (lundi, 20 janvier 2014 21:09)

    Définitivement pas possible d'être à Montpellier....
    Le 24 c'est le Scot du Libournais, traversé par la voie de Paris...
    Je serai avec vous avec le Coeur.....

  • #2

    Elise (jeudi, 23 janvier 2014 17:10)

    Superbes photos ! celle : Les Baux, est trop belle :-)
    Bonne Escale à Montpellier !!! Bises !

  • #3

    sabourin (vendredi, 24 janvier 2014 13:37)

    Il y a de l 'émotion partagée dans ce retour sur le territoire de vos ancêtres . La mondialisation est loin d'effacer notre cordon ombilical …..Lorsque je vois le tracé de votre parcours , j'y vois ce cordon ! Votre expérience ne serait ce pas le foetus d'une "civilitude" humaniste. Vive les échanges sans monnaie ……A quand les semelles de gaze……!!!! Sinon ..je vais me gazer!!!

  • #4

    Ami Gilbert d'Ahuy (mardi, 11 février 2014 18:27)

    C'est sûr que vous n'avez pas choisi la meilleure des Saisons et je pense que vous avez beaucoup de courage, étant moi-même un ancien pèlerin des chemis de Compostelle, est la pluie n'a jamais été une bonne compagne pour moi, je préfère et de loin, ciel bleu,soleil et chaleur. Comme vous êtes jeunes, ce ne sera pas un obstacle pour vous. Alors, comme on dit chez les pèlerins: Ultréïa y buen camino!
    Gilbert

  • #5

    Albina Brin (vendredi, 03 février 2017 12:40)


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  • #6

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