Les 5 questions que l'on nous pose tout le temps

 

Notre route est pleine de rencontres furtives - le fermier et le chasseur croisés au bord du chemin - ou plus prolongées avec les personnes qui nous ouvrent leur porte ou leur jardin pour la nuit. Chaque jour ou presque, nous devons répondre à une valse de questions maintenant bien connue, une valse à cinq temps.

1- La plus attendue : d'où vous est venue cette idée saugrenue ?

Pourquoi marcher, quand les voitures, les avions, les bus facilitent tellement la vie du voyageur ?  Les gens arrivent à imaginer que nous puissions voyager en stop, à la rigueur en vélo, mais là s'arrête généralement leur entendement. Nous leur rétorquons  que nous aimons l'idée d'être notre propre moyen de locomotion, nous aimons savoir que pour avancer il nous suffit de mettre un pied devant l'autre, avec pour tout carburant un bon litre d'eau et puis c'est tout !

 

Nous aimons savoir que si l'herbe d'un champ nous plaît, nous pouvons y jeter notre sac et nous y asseoir sans plus attendre. Nous aimons pouvoir nous arrêter net devant une boulangerie de laquelle s'échappent des odeurs à se damner, ou bien nous réfugier dans la chaleur enfumée d'un petit troquet de village lorsque la pluie nous a trempés jusqu'aux os.

 

À vélo c'est également possible, mais nous évitons les problèmes mécaniques et de nous retrouver le museau dans une bouse d'une vache pour avoir pilé un peu trop fort !

 

Le choix de l'Europe comme itinéraire s'est imposé naturellement car nous baignions dedans depuis quelques années du fait de nos activités respectives. Enfin, surtout dans ses règlements et ses directives... La théorie c'est bien mais  la pratique c'est mieux :-)

 

 

2- La plus féminine : combien de kilos avez-vous perdu ?

Que cela soit avec nos hôtes ou au téléphone, toutes les filles, mères, grand-mères et amies posent la même question : alors combien de kilos de perdus ? Tu dois être hyper musclée, disent-elles à Julia, avec un brin d'envie, presque prêtes à enfiler leur chaussures pour nous accompagner.

 

Et bien, la réponse est bien décevante ! nous n'avons presque pas perdu de poids pour le moment. Et j'ai beau bien regarder, je n'ai pas vraiment l' impression d'avoir gagné en muscles ...juste les mollets qui ont pris en volume.

 

Enfin si! Avant l'Italie, Julia s'était tout de même allégée de 5 kilos... Mais c'était avant le retour du pesto, des pasta, du nutella ... Et cette traitre semaine de repos à Venise!

 

 

3- L'incontournable : Combien de paires de chaussures ?

Celle-ci arrive toujours à la fin de la salve de questions, comme la cerise qui vient décorer le gâteau...et souvent de la même façon, avec un petit brin de malice : "j'en ai une petite dernière, je suis sûr que personne ne vous l'a posée: ...... ". A nous de leur répondre, avec un sourire en coin, que cette question titille tous ceux que nous croisons sur la route...

 

Nous n'avons pas une consommation excessive de chaussures, seulement une nouvelle paire pour Mathieu lorsque nous sommes arrivés à Varsovie. Mais ses chaussures affichaient déjà un certain nombre de kilomètres au compteur avant ce périple. Quant à Julia, elle traîne toujours les mêmes godillots, qu'elle bichonne et chérit, mais 3000 km ça use, ça use et elle va bientôt devoir reporter son affection sur une nouvelle paire...

 

 

4- La plus indiscrète : Comment faîtes-vous pour vous supporter?

accueil en couchsurfing!
accueil en couchsurfing!

Être ensemble 24h/24h, effectivement ça passe ou ça casse...mais pour l'instant ça passe très bien!

 

En fait, ce sont essentiellement les journées que nous passons à deux, nos soirées ne sont que rarement solitaires. Que ce soit par le biais du couchsurfing ou de l'accueil spontané, nous sommes très souvent invités à dormir où à partager un repas. Nous prenons beaucoup de plaisir dans ces rencontres, mais le lendemain matin nous sommes aussi très contents de nous retrouver tous les deux. Nous nous repassons la soirée de la veille, nous parlons de "l'après" Europe des petits pas, de l'avant et de tout autre choses...

 

Et puis souvent on ne parle pas, on marche silencieusement en prenant le temps de regarder autour de nous ou encore de glaner quelques noix. On prend aussi le temps d'écouter tous les petits bruits qui accompagnent notre traversée de l'Europe. Il y en a des bruits, comme les aboiements constants des chiens, qu'on aimerait bien ne plus entendre ! Il nous arrive aussi d'écouter de la musique, les podcasts d'allo la planète ou des livres audios. C'est comme ça que Mathieu s'est passionné pour la vie " misérable " de Fantine, Causette et Javert que Victor Hugo dépeint si bien...

 

 

5- La plus perfide : comment allez-vous faire en hiver ?

Alors cette question, elle m'irrisse les poils, me donne la chaire de poule, me fait courrir des frissons dans le dos.... Effectivement comment on va faire cet hiver !? Hein, dis Mathieu ?

 

Normalement, si on prend la chose d'un point de vue rationnel, tout devrait bien se passer car nous sommes équipés pour : duvet et doudoune en plume d'oie ( température de confort -7 degrés), sous pantalon, sur pantalon, et même une cagoule-passe montagne pour les cinglés comme moi qui redoutent des conditions extrêmes :-). Qui plus est, si planter la tente dans la neige peut s'avérer être sportif, il existe toujours les refuges en montagne.

 

Mais d'un point de vue plus subjectif, plus féminin, la perspective de l'hiver, de la montagne, de la neige, me plonge dans une profonde angoisse. Nous n'avons encore jamais eu l'occasion de marcher avec des raquettes ou des crampons. De l'inquiétude, mais il faut le dire quand même, aussi beaucoup d'excitation !

 

Le mieux c'est de ne pas y penser, il fait encore doux en Italie...Cette question sera davantage d'actualité dans un mois, quand nous serons au pieds des Alpes, à quelques kilomètres des premiers bonshommes de neige.

 

Voici donc les 5 pistes du disque qui nous accompagnent depuis Tallinn.

Parce qu'on aimerait bien changer de musique, en avez vous, vous de nouvelles questions?

 

 


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Commentaires : 10
  • #1

    Elise (jeudi, 21 novembre 2013 15:23)

    j'ai une autre question :-) Est-ce que dans chacun des pays traversés les gens se doutent que vous êtes français ?
    Est-ce qu'ils sont surpris, ou est-ce qu'ils devinent vite (sauf si c'est une des premières phrases de présentation, of course!) ?

  • #2

    Guitou (vendredi, 22 novembre 2013 15:06)

    Êtes vous montés dans une voiture ? Avez-vous succombé à l'horrible tentation ?

  • #3

    Jeremy (vendredi, 22 novembre 2013 15:17)

    Est-ce-que ce voyage correspond à ce que vous en attendiez ?
    Bravo et bon courage en tout cas !

  • #4

    Jeremy le retour (vendredi, 22 novembre 2013 15:19)

    Je calcule sur votre map que vous serez à Montpellier à Noël (bien joué déjà pour ce planning au cordeau).
    Ma question est donc : trouverez-vous le courage de repartir le 2 janvier ?
    :D

  • #5

    anne (vendredi, 22 novembre 2013 15:22)

    J'ai une autre question, moi aussi, un brin existentielle : une telle épopée transforme-t-elle ? revoit-on l'ordre de ses priorités ?, au fil des jours sent-on la métamorphose intérieure ? On réalise qu'on est " plus vraiment le même, qu'on ne revivra plus comme avant", en bref va-t-on retrouver les mêmes Mathieu et Julia ?

  • #6

    europedespetitspas (vendredi, 22 novembre 2013 16:33)

    Alors pour vous répondre,

    @ Elise : Jusqu'en Italie, on nous a pris pour des américains, des allemands ou des roumains...allez savoir le comment du pourquoi ! Mais maintenant on comprend rapidement que nous sommes français...dur de se départir de son accent !

    @ Guitou : Nous n'avons jamais pris de voiture ou un quelconque transport en commun pour avancer. Ce n'est qu' une fois arrivé dans le centre ville et que nous sommes en jour de pause que nous circulons dans la ville en bus ! On a une seconde règle qu'on applique toujours : pendant les jours de pause, il faut marcher le moins possible !:-)

    @Jeremy : oui, ça correspond parfaitement à ce que nous pensions. On reste quand même particulièrement surpris du super accueil que l'on reçoit.
    Par contre, dans tes calculs tu as omis de prendre en compte les dénivelées ! Nous passerons les alpes vers le 20 décembre et nous serons tout juste en France pour Noël, du côté de Breil-sur-Roya, perchés dans la montagne!

    @Anne : cette question arrive trop tôt ! La seconde moitié du parcours sera plus riche en éléments de réponse ! Et puis en fait, ça sera à vous de nous dire :-)

  • #7

    Cecile (mardi, 26 novembre 2013 07:13)

    Qu' en on a un seulement un valet un as dans son jeu et que ton adversaire annonce dans ta couleur , tu coinchés ou tu coinchés pas ?
    Quel est votre avis sur la crise syrienne ?
    Est ce que vous marchez aussi pour les phillipinnes ?
    L'équipe de France sélectionnée pour la coupe du monde , content ou contrit ?
    La risque contre Christiane Taubira ? Est ce que vous marchez aussi contre le racisme ?
    Vous fait il vraiment une raison pour marcher , le baron perché en avait il une lui pour être perché ?
    Allez a bientôt
    Baisers a vous deux
    Je suis très fière de vous :-)

  • #8

    Elliot (vendredi, 29 novembre 2013 19:29)

    Bonjour, c'est moi de la classe à Didier .
    Je vous demande si vous aller bien.
    Je suis chez mon papa .
    AU REVOIRE !

  • #9

    europedespetitspas (vendredi, 29 novembre 2013 19:34)

    Bonjour Elliot!
    Il commence à faire très froid ici, alors on marche bien emmitouflés... Mais sinon tout va bien en Italie!

  • #10

    JB (vendredi, 13 décembre 2013 12:47)

    Une question : est-ce que vous vous ennuyez aussi parfois ? Est-ce qu'il vous arrive de trouver le temps long ? J'imagine que la marche (qui n'a pour l'instant jamais été mon moyen de transport en voyage) transforme le rapport au temps qui passe.

    Dans nos sociétés affairées, c'est peut-être un luxe finalement de s'ennuyer un peu de temps en temps.

    JB qui vient de découvrir votre beau projet via la non moins belle émission "allo la planète".

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