Carnet de voyage #10 - A Auschwitz, les petits pas dans la grande histoire...

 

Après Czestochowa, nous avons mis nos petits pas dans la grande et sombre histoire européenne.

 

Marches de la mort

 

Par hasard, Auschwitz se trouvait non loin de notre diagonale européenne. Les chemins des territoires de l'Europe rencontrent ceux de son histoire.

 

Pour nous autres voyageurs à pied, Auschwitz produit une résonance particulière, car c'est sur des routes toutes proches de celles que nous empruntons que les prisonniers de la dernière heure furent décimés au cours des funestement célèbres "marches de la mort".

 

Dans les derniers moments de l'hiver 1945, lorsque les allemands réalisèrent que leurs carottes étaient cuites et qu'ils pouvaient entendre le frémissement des troupes Russes à leur bottes, il fut décidé de détruire les camps et d'évacuer à pied les prisonniers qui y restaient.

 

Des dizaines de milliers d'êtres fantomatiques durent marcher sur des centaines de kilomètres au travers d'une campagne glacée. La plupart y moururent, abattus par les SS ou bien d'épuisement.

 

 

Industrie de la mémoire

 

Nous avons tous tant lu et entendu sur l'histoire de ce camp, que sa visite nous vous apprendra sûrement pas grand chose de nouveau. Mais il faut y venir - particulièrement à Birkenau - pour prendre la mesure de ce qui fait l'horreur de ce lieu: la mécanique implacable et glaçante d'une industrie de la mort.

 

Ce qui saisit, c'est la succession des baraquements de briques et de bois identiques et innombrables, séparés par la voie ferrée et les chambres à gaz au fond du camp. C'est la géométrie des lieux, la rationalité absolue et lugubre de l'organisation des espaces, et autour du camp, par delà les barbelés, le vide. Le camp est un atol coupé du monde.

 

Il suffit de rentrer dans les cabanes pour se trouver replongé dans les récits de primo levi et deviner les empilements de corps sur les planches, le froid, le dénuement et les miasmes.

 

Pour le reste, la visite d'Auschwitz, qui plus est en plein mois d'août, laisse au visiteur la désagréable impression que cette industrie de la mort s'est transformée industrie de la mémoire.

Les groupes se succèdent au pas de course, les guides récitent une litanie de chiffres et de records macabres, on y exhibe les tonnes de cheveux, les milliers de lunettes, comme si l'essentiel était de donner une métrique à l'horreur. On se noie dans ce vertige de chiffres et de monticules qui dépassent l'entendement.

 

Mais on ne saisit presque rien des trajectoires et des parcours des victimes. La mémoire du lieu, réduite a sa dimension comptable, devient désincarnée et presque irréelle. Dommage.

 

 


Écrire commentaire

Commentaires : 5
  • #1

    Nathalie (Bordeaux) (dimanche, 08 septembre 2013 12:25)

    A l'heure où les Syriens meurent sous les gaz toxiques, merci d'avoir prêté votre belle plume à la mémoire... même si, comme vous l'écrivez, cela dépasse l'entendement....

  • #2

    Bénédicte (samedi, 23 novembre 2013 19:10)

    Malgré l'horreur qui s'est passé là bas, vos photos sont magnifiques !

  • #3

    Ami Gilbert d'Ahuy (mercredi, 19 février 2014 18:02)

    Cela a dû être de gra

  • #4

    Ami Gilbert d'Ahuy (mercredi, 19 février 2014 18:09)

    Fausse manoeuvre...je disais donc: cela a dû être de grands moments d'émotions lors de votre voyage, mais quand donc les êtres humains arrêteront de s'autodétruire par idéologie, par ethnies différentes, pour la religion ...j'en passe et des meilleurs, c'est une des plus grandes tares de l'humanité. En fait, l'homme, est le plus grand prédateur vivant sur notre belle planète bleue et malheureusement, l'histoire se répète à l'infini!
    Gilbert.

  • #5

    aurore (mercredi, 19 mars 2014 17:05)

    je suis contente que vous soyer venue dans notre classe et j étais timide pour l histoire mai apprêt sa aller ;)

OTHER LANGUAGES

...ON AVANCE !

 

 

Depuis notre départ, nous avons marché