Carnet de voyage #6 - Pays Baltes, clap de fin...

 

Avec un peu de retard, voici le récit presque hebdomadaire de nos aventures sur les chemins qui nous mènent vers la frontière polonaise.

A Kaunas, un air de Berlin-est

Nous avions arrêté le fil de notre histoire à quelques jours de marche de la seconde ville du pays, qui sans être laide n'est pas particulièrement réputée pour son charme. Les soviétiques, dans leur frénésie planificatrice avaient fixé son sort: Vilnius serait la capitale des arts et de la culture, Kaunas un centre productif.

 

La ville dévoile un centre d'une taille modeste, quelques rues piétonnes très agréables, bordées de bâtiments hétéroclites mêlant styles roman, gothique et Renaissance. Quelques minutes à peine suffisent toutefois pour en sortir, et l'on se retrouve soit près du port fluvial, soit dans des quartiers d'habitations aux immeubles sans charme, ou bien encore le long d'usines grisâtres.

 

C'est dans l'une de celles-ci que Giedrus, notre hôte, nous conduit. Une friche qui fut jadis une manufacture de chaussures et dont les autorités locales, ne sachant que faire, ont confié à une association qui l'a transformée en centre culturel autogéré, le fluxus ministeria.

 

Ses grands hangars décatis sont devenu le théâtre d'une contreculture urbaine et foisonnante : de grands espaces sommairement cloisonnés en boxs pour toutes sortes d'artistes. Sur tous les murs, des collages, des graffitis et un peu partout des sculptures en matériaux de récupération. On se perd dans ce dédale de salles, baignées par l'écho lointain de quelque groupe de musique. Tout cela forme un grand capharnaüm créatif et underground, qui rappelle beaucoup ce que l'on retrouve sur certains boulevards de Berlin est.

 

Giedrus, est non seulement un saxophoniste confirmé mais aussi un féru d'histoire. Au travers de ses explications, la simple carte touristique de la ville, se transforme en champ de bataille. Il nous explique comment tout dans cette ville, qui fut successivement occupée par l'Allemagne et les soviétiques, a été pensé selon les impératifs militaires. Du réseau de transport structuré aux fins de la déportation (des juifs du ghetto de Kaunas dans un premier temps, puis vers la Sibérie par la suite), aux ponts de piétons qui peuvent se transformer en voies pour chars pour parer a l'eventuelle contre-révolution tant redoutée...

 

 

Communication 2.0

Après une journée de repos bien méritée, nous avons repris la route des champs. Quatre jours au milieu d'une charmante campagne lituanienne, ponctués de quelques accueils chaleureux.

 

Nous marchons de longues heures sur des petits chemins de campagne, à regarder blondir les blés et en croquant des graines de tournesol. Les journées sont belles et aux heures chaudes nous passons parfois une heure ou deux dans les bibliothèques, qui sont pour nous comme des oasis. Presque chaque village, voire hameau, en compte une, avec un accès internet gratuit.

 

Ce jour ci, nous nous étions arrêtés dans l'une d'entre elle, une petite maison en bois défraîchie, que nous avions crue dans un premier temps abandonnée. La bibliothécaire nous accueille poliment, les quelques lignes de présentation de notre aventure en lituanien permettent d'instaurer la confiance. Mais à cause de la barrière de la langue, la communication se met à patiner rapidement.

 

Après un temps de silence, la bibliothécaire se met à pianoter sur son clavier, s'interrompt semblant hésiter, puis lance avec un accent rugueux et saccadé : "J'ai appris le français dans l'école". Elle éclate de rire!

 

A coup de "google translate" nous nous sommes ainsi engagés dans une longue discussion pleine d'accents écorchés, de bizarreries lexicales et grammaticales et entrecoupée de réguliers fous rires. Nous cherchions un lieu de bivouac, elle nous a déniché un endroit splendide, à deux pas d'une petite rivière. Merveilles de la communication 2.0

 

 

PS: Un grand merci pour vos messages et vos encouragements qui sont plus efficaces pour les bobos de l'âme que les compeed pour les ampoules aux pieds....

 

 


Écrire commentaire

Commentaires : 5
  • #1

    Elise (mardi, 16 juillet 2013 09:21)

    Que de belles rencontres en route, la photo du petit ruisseau au milieu de la nature verdoyante est super jolie, je repense aux photos du bord de la baltique il y a environ un mois, ça donne une telle variété en un mois de marche et quelques kilomètres ;-)
    les graffiti aussi sont plutôt réussis, vous prévoyez de rapporter un petit bout de mur ?! :-))

  • #2

    Nathalie R. (mardi, 16 juillet 2013 11:20)

    Coucou à tous les 2,
    je ne me lasse pas de suivre votre parcours depuis mon canapé...
    Bonne continuation
    Gros bisous

  • #3

    LeCyp (mardi, 16 juillet 2013 12:14)

    Je m'extase à lire enfin des articles bien écrits et quasiment sans fautes d'orthographe !
    Les articles sont passionnants et c'est vraiment génial de partager votre aventure, on se sent comme englouti dans vos sacs de voyage...

    Bonne continuation à vous !

  • #4

    Émilie (mardi, 16 juillet 2013 13:36)

    Idem, c'est vraiment une joie de réactualiser cette page régulièrement, de voir le compteur défiler et de lire les nouveaux épisodes. Ainsi vous réussissez le pari de faire découvrir l'Europe autrement. Bravo et merci!
    Sinon, vous faites un truc pour les 1000 km?

    Des bisous de l'île d'Oléron où on commence à prendre la marque du maillot. Yalah!

  • #5

    LeCyp (mercredi, 31 juillet 2013 12:22)

    Je m'extasie* pardon

OTHER LANGUAGES

...ON AVANCE !

 

 

Depuis notre départ, nous avons marché