Carnet de voyage #4 - Riga et au delà...

 

Après plus de 15 jours de marche ininterrompus, c'est à Riga, capitale de la Lettonie, que nous avons décidé de poser nos sacs pour reposer nos pieds. Ils commençaient a bourgeonner d'ampoules...

A Riga, chez Arnolds et Ginta

Riga rappelle sous certains aspects sa cousine estonienne, Tallinn. La même architecture médiévale, les mêmes maisons en bois coloré...Mais ici les touristes ne fourmillent pas, mais donnent l'impression de déambuler en silence. La ville semble couverte d'un voile de quiétude. En bref à Riga les gens sont "smooth".

 

À quelques encablures du vieux centre historique, on trouve le "central market". Et pour le coup ici, ca grouille... Quel régal de sillonner les allées extérieures et ces halles, immenses, qui servaient autrefois d'entrepôts pour les ballons dirigeables Zeppelin! Nous parcourons trois grands hangars, dont un dédié aux produits laitiers: les lettons ont une déclinaison impressionnante de laits et de crèmes.

C'est le panier rempli que nous sommes repartis, pour concocter un petit repas à nos hôtes, Ginta et Arnolds.

 

Ces deux là font la paire: un couple charmant originaire du même petit village, Madona. comme la star mais avec un <n> en moins, s'amusent-ils à dire...Chez eux, nous nous sommes tout de suite sentis à notre aise, comme si nous retrouvions des amis. Nous sourions encore en pensant à la soirée que nous avons passée ensemble le samedi soir.

 

En vue de leur concert, Ginta a réuni ses amies pour entonner devant nous le répertoire de leur groupe de chant, un florilège de chansons françaises...Et <itsi bitsi petit bikini> en français avec un petit accent letton, ça le fait !

Parce que nous avons passé un bon moment ensemble et qu'Arnolds avait fini ses examens, il a donné quelques coups de pédales pour nous accompagner lorsque nous avons repris la route.

 

Exception culturelle

Nous avons continué notre route sous un soleil de plomb le long des grandes artères reliant les États baltes à la Pologne. Arnolds et Ginta avaient mobilisé les réseaux sociaux pour nous trouver un gite pour les soirs suivants. Aucune de leur connaissances n'habitait dans nos villages-étapes mais des inconnu(e)s se sont manifestés pour nous proposer le gite et même nous prêter un appartement vide.

 

Au delà la sympathie naturelle qu'inspire un couple de marcheurs au long court, nous comprenons qu'être français s'avère plutôt être un atout. On s'émeut de nous entendre parler tous les deux.

Aneta, qui nous accueille le jour suivant, multiplie les questions sur la langue et le pays, à commencer par Paris, dont le statut de ville de l'amour semble ancré au plus profond des esprits.

Arnolds quoique ne parlant pas notre langue s'amusait à nous dire des "bonjour" savoureux et chantants, prononcés avec délice comme s'il dégustait une friandise.

 

Outre les cosmétiques et les crèmes de beauté, c'est bien le supposé art vivre qui apparaît ici comme la marque par excellence du "made in France". Mais pas le vin français, effroyable a l'export, et ce sont dorénavant des vins du nouveau monde que nous offrons a nos hôtes...

 

 

L'apprentissage de la lenteur

Le voyage marque l'esprit bien davantage que le corps. Nos pieds souffrent encore des ampoules, notre peau porte les marques du sac et se tanne à mesure des heures passées en plein soleil. Mais c'est dans nos têtes que s’opèrent les plus profondes transformations: le voyage nous projette hors du temps nous apprend à penser par "petits pas".

 

A marcher sans discontinuer dans les heures chaudes de l’après midi, l'empressement ne sert à rien, il épuise rapidement le corps et ne fait guère progresser plus vite... Et le labeur de chaque jour est tellement insignifiant face aux milliers de kilomètres qui nous séparent de Lisbonne, que le voyage nous oblige à porter notre esprit sur l'horizon immédiat: l’arrivée de l’étape, la prochaine pause à l'ombre d'un arbre, le prochain paysage qui s'ouvrira à nos yeux, le prochain pas....

 

En récompense des efforts consentis, quelques apparitions (une biche a l’orée d'un bois, des centaines de minuscules grenouilles traversant sous nos pieds, les cigognes blanches perchées à presque chaque coin de rue...) et les rencontres, parfois inattendues, toujours surprenantes, sont les délices de nos journées.

 

 

PS: depuis, nous sommes passés en Lituanie, qui offre des paysages et une expérience encore bien différente. Nous vous raconterons cela d'ici quelques jours. Pour l'heure, nous nous trouvons à une centaine de kilomètres de Kaunas, principale ville sur notre route vers la Pologne.

Merci pour vos messages et encouragements qui nous rafraîchissent presque autant qu'un coca-cola :)

 



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Commentaires : 7
  • #1

    céline (mercredi, 26 juin 2013 09:38)

    Je vois que vous faites de belles rencontres et que votre périple se passe bien. C'est chouette de vous lire, on a l'impression de voyager un peu avec vous.

    Bises

  • #2

    Isaïe (mercredi, 26 juin 2013 10:34)

    Vous êtes magnifiques !
    Vous serez ambassadeurs !
    Mais pitié, trouvez du vin français à offrir...

  • #3

    Elise (mercredi, 26 juin 2013 15:12)

    et oui, c'est bien vrai, pourquoi donc le vin français ne supporte jamais jamais le transport, trop subtil on va dire !!!

  • #4

    Nathalie (mercredi, 26 juin 2013 18:36)

    Même pas un verre de Bordeaux ?
    merci de nous faire voyager, j'attends déjà les prochains articles...

  • #5

    Marie (jeudi, 27 juin 2013 00:27)

    Salut vous deux,
    Je viens juste de découvrir votre aventure, la distance vers NOUMEA a mis du temps.
    Donc juste un petit message pour vous encourager c'est genial ce que vous faites!
    Promis je vais suivre votre périple depuis ma petite ile bien loin de l'Europe.
    Bisous
    Marie (du swing !!)

  • #6

    cecile (vendredi, 28 juin 2013 18:35)

    salut les amis, texte très émouvant, je vois que le voyage commence à porter ses fruits des petits pas, vous nous faites bel et bien rêver, moi en tout cas et j'ai bien envie de venir faire quelques étapes avec vous ... Allez les gars les grands pas sont dans la tête !!
    A bientôt
    Vous me direz quand vous voulez skipper , j'ai quelques potins pour vous , besos et bon courage

  • #7

    Ella (mardi, 02 juillet 2013 23:49)

    Une petite pensée pour vous deux ! Je pense souvent à vous et me prends à rêver en lisant vos récits ! Une véritable bulle d'oxygène dans ces derniers jours à tenir avant les congés d'été ! Profitez bien du parcours en Pologne :-)

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